Théorie de Jung & ambition humaniste


Le MBTI au service d’un management performant

Les outils ou tests psychométriques aussi pertinents et efficaces que le MBTI se comptent sur les doigts d’une demi-main. Interview de Christelle Fournel pour Osereso

  • Pourriez-vous vous présenter et présenter votre parcours ?

Je m’appelle Christelle Fournel, 37 ans, parisienne, 2 enfants. Ma société s’appelle My Inner Me, nom très à propos puisque j’aide les gens à mieux se connaître eux-mêmes et à mieux comprendre les autres. Après des études de vétérinaire, j’ai pratiqué en clinique pendant quelques années. Rapidement, je me suis réorientée vers l’industrie pharmaceutique pour prendre divers postes dans le marketing et le management. J’ai ensuite décidé de suivre un executive MBA à l’ESCP Europe au cours duquel j’ai découvert le MBTI. Cet outil a tellement changé ma vie que j’ai choisi d’en faire mon métier.

  • Vous êtes consultante MBTI. Qu’est-ce que le MBTI?

Le MBTI ou Myers-Briggs Type Indicator est un outil psychométrique, développé d’après la théorie de Carl Jung sur les types psychologiques (1921). Après 40 ans d’étude des textes de Jung, Isabel Myers et Katherine Briggs ont publié leur questionnaire et le déroulé d’un entretien qui permet à chacun de déterminer son propre mode de fonctionnement. Des millions de personnes dans le monde connaissent cet outil, arrivé en France dans les années 80.

  • Pourquoi avoir choisi de vous spécialiser sur le MBTI ?

Les outils ou tests psychométriques aussi pertinents et efficaces que le MBTI (ou plus largement la théorie de Jung) se comptent sur les doigts d’une demi-main… Cette théorie impressionne par sa puissance et la diversité de ses utilisations. Elle permet par exemple d’expliquer la crise d’adolescence, la crise de mi-vie, notre attitude en phase de stress, nos conflits, l’ambiance d’une équipe, voire des situations de burn-out ou de marginalisation. Elle favorise la diversité et le respect de la différence : l’autre n’est pas “méchant”, il ne pense simplement pas comme nous.

  • En quoi le MBTI peut aider le travail en équipe?

Grâce au MBTI, chacun découvre son propre mode de fonctionnement et apprend les différentes manières de penser et d’appréhender son environnement. Le fait de découvrir cet outil en équipe permet à chacun de prendre conscience des différences, des richesses et de la diversité des participants. Les minorités sont valorisées. Malentendus et procès d’intention s’évanouissent. Chacun trouve sa place par la valeur ajoutée unique qu’il apporte. Confiance et cohésion entre les membres de l’équipe sont restaurées.

  • Quels sont les résultats constatés jusqu’à présent ?

Les résultats obtenus sont surprenants. Certains clients ont déjà eu plusieurs entretiens MBTI et me disent qu’enfin, ils comprennent l’intérêt de la théorie des types psychologiques. D’autres en parlent chez eux, souhaitent que leur conjoint connaisse l’outil et pensent que tous les jeunes adultes devraient y être familiarisés. Les vendeurs optimisent leurs techniques de vente. Les membres se respectent et s’enrichissent les uns les autres grâces à leurs différents profils. Les projets en équipe sont menés avec succès, dans une atmosphère sereine.

  • Le MBTI est une 1ère étape. Faut-il mettre en place un accompagnement des équipes par la suite ?

Tout d’abord, bien que décidé par le supérieur hiérarchique, l’atelier doit être accepté par chaque membre de l’équipe qui dévoile une partie de lui-même. Si chacun s’implique, l’efficacité de l’atelier est alors maximale et des rendez-vous ultérieurs de suivi superflus. Néanmoins, après plusieurs semaines, certains participants sont tellements transformés qu’ils éprouvent le besoin d’en reparler et d’approfondir le sujet. Cela peut alors faire l’objet d’un accompagnement sur mesure en fonctions des axes de développement désirés.

  • Quelles sont les clés de succès pour rentrer dans une démarche MBTI ?

Chacun détermine son type MBTI et est donc libre de le dévoiler s’il le souhaite. Pour pouvoir mettre en pratique l’outil grâce à des exercices en groupe, cela suppose que 80% des membres de l’équipe dévoilent leur profil et acceptent de partager leur perception de l’environnement et leur mode de réflexion. Par ailleurs, ils doivent accepter d’emblée que tous les profils psychologiques se valent et que la diversité enrichit. Les discussions pendant l’atelier prennent alors une profondeur exceptionnelle et des sessions de mini-coaching naissent alors naturellement entre les participants.

  • Quels conseils pourriez-vous donner pour améliorer le travail en équipe ?

Tout d’abord, l’écoute et la bienveillance entre individus sont absolument fondamentales. Ce temps de communication et de partage représente une véritable soupape du stress et des enjeux partagés par l’équipe, mais également des moments d’exploration de nouvelles pistes de business. En conséquence, le respect entre les individus me semble fondamental. Il faudrait s’atteler à éclaircir les malentendus aussi souvent que possible afin d’éviter qu’ils ne se transforment en frustration ou en procès d’intention. Enfin, il convient d’accepter les différentes méthodes de travail et de déterminer l’excellence de chaque collaborateur, c’est-à-dire ce que chacun fait le mieux, le plus facilement et avec plaisir. Les tâches pourront ainsi être réparties de manière optimale.

Publié le 1er août  2013

 

Si la théorie de Jung m’était contée…

Cette volonté de prendre conscience de nos différences et de s’enrichir par la diversité constitue, à mon avis, le coeur de la théorie de Jung sur les types psychologiques. Interview de Christelle Fournel pour Osereso

  • Quels sont les types psychologiques décrits par Carl Jung?

Carl Gustav Jung, le fils spirituel de Sigmund Freud, a mis 10 ans à écrire un livre intitulé “Types psychologiques”. Ce livre paru en 1921 et traduit en anglais en 1923, a été ensuite étudié pendant 40 ans par Katharine Briggs et sa belle-fille Isabel Myers. Elles ont tenté de rendre la théorie de ce livre plus accessible. Elle ont modélisé un questionnaire et un entretien de découverte du type mais aussi établi une déontologie autour de l’usage de cet outil psychométrique. Selon C. Jung, nous appréhendons notre environnement et réagissons par rapport à celui-ci selon des critères bien particuliers (extraversion, introversion, jugement, pensée,…). Ces critères définissent 16 types psychologiques : l’idéaliste, l’inventeur, le médiateur, le mentor, le stabilisateur, l’architecte,…

  • En quoi la théorie de Jung était-elle porteuse de sens au début du XXème siècle?

Depuis 1918, C. Jung avait vu émerger le nazisme. Il savait que cette “catastrophe” allait changer le monde à jamais. Alors pendant des dizaines d’années, y compris en protégeant les juifs présents en Allemagne pendant la seconde guerre mondiale, il a tenté de lutter contre le rejet des différences. Cette volonté de prendre conscience de nos différences et de s’enrichir par la diversité constitue, à mon avis, le coeur de la théorie de Jung sur les types psychologiques. Ainsi, en apprenant à se connaître soi-même avec nos préférences innées et en explorant nos “non-préférences”, nous acquérons la sagesse.

  • Et aujourd’hui, que signifie-t-elle?

La théorie de Jung a gardé toute sa pertinence, bien entendu. Pour ma part, je n’ai pas rencontré de modèle plus exhaustif et aussi riche de sens permettant de se connaître et de comprendre l’autre. Dès que je forme quelqu’un à cette théorie, je fais passer deux messages fondamentaux : – Cherchez à comprendre l’autre et acceptez les différences, vous y trouverez inspiration et richesses; – Cette prise de conscience de votre façon de fonctionner apporte une grande sérénité; cela vous aidera à prendre le contrôle de votre vie.

  • Comment peut-on l’utiliser au jour le jour?

Pour nous-mêmes, le fait de connaître notre type psychologique met en relief ce que nous préférons faire, donc qui nous énergise ou nous fatigue le moins. A l’inverse, nous prenons conscience de ce qui nous épuise. Or, l’environnement (famille, éducation, société, travail) nous oblige à réaliser certaines tâches, à adopter certains comportements ou à cotoyer des personnes désagréables. Si ces contraintes sont trop fortes, il faut savoir se laisser du temps pour récupérer en se replaçant dans nos préférences. On peut même aller au-delà et refuser définitivement certaines contraintes de l’environnement de manière à vivre en cohérence avec notre vrai “moi intérieur”. Rappelons qu’être libre, c’est d’abord choisir ses contraintes…

  • Quelle peut être l’utilité dans notre vie professionnelle?

Lorsqu’une personne subit des contraintes fortes et permanentes, elle doit adopter un comportement très éloigné de son type psychologique. Elle est épuisée, voire déprimée ou finit en “burn-out”. C’est la raison pour laquelle la connaissance des types psychologiques est essentielle en entreprise. En outre, cette théorie est tellement riche de significations et de sens que l’on peut l’appliquer dans bon nombre de domaines professionnels : – Gestion des projets et prises de décisions optimales; – Gestion des talents; – Amélioration de la cohésion d’équipe; – Identification de la culture et du mode de fonctionnement d’une équipe; – Prévention et gestion des conflits; – Gestion du stress. Quel que soit le sujet traité, l’équipe est remotivée et une véritable dynamique s’instaure entre les individus pour une performance accrue.

Publié le 1er août  2013

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